Analyse linguistique LADO en dari et en hazaragi pour les demandeurs afghans
Beaucoup d’Afghans en quête de protection n’ont jamais vécu longtemps en Afghanistan : ils ont grandi en Iran, à Quetta au Pakistan ou entre plusieurs pays. Quand une autorité doute qu’une personne ait été socialisée en Afghanistan, ou qu’un avocat veut contester ce doute, SILA Linguists® analyse son dari ou son hazaragi pour démêler les traces afghanes des influences du farsi d’Iran et de l’ourdou.
Dans quels dossiers d’asile une LADO en dari est-elle demandée ?
Le dari sert de langue commune à la plupart des Afghans, quelle que soit leur langue maternelle, et il est aussi parlé par les communautés réfugiées installées au Pakistan et en Iran. Une langue partagée par plusieurs pays ne suffit donc pas à situer un locuteur. L’analyse linguistique pour la détermination de l’origine intervient lorsque les documents manquent, lorsqu’une tazkira est contestée ou lorsque le récit d’un demandeur ne convainc pas l’administration.
La question n’est pas toujours « Afghanistan ou non ». Il s’agit souvent de savoir si la personne a grandi dans la province qu’elle cite, si elle est hazara comme elle l’affirme, ou si son parler révèle une enfance passée en Iran ou au Pakistan. Le rapport livre une opinion d’expert motivée, qui ne prouve pas à elle seule une origine ; elle peut éclairer une demande, une décision ou un recours.
Dari et farsi d’Iran : deux normes d’une langue, des indices différents
Le dari et le farsi d’Iran sont deux normes d’une même langue. Beaucoup d’Afghans appellent d’ailleurs simplement leur langue « farsi », ce qui ne renseigne en rien sur leur pays. Pour l’analyste, l’intérêt est ailleurs : le dari a conservé certaines voyelles que le farsi d’Iran a modifiées, et il puise dans un autre fonds lexical pour les objets du quotidien, la parenté, les nombres dans la conversation et une bonne part du vocabulaire administratif et juridique.
Un locuteur dont l’enfance s’est déroulée à Mashhad ou à Téhéran peut garder la base afghane héritée de sa famille tout en adoptant des voyelles, des mots et des expressions du farsi d’Iran. À l’inverse, une personne restée en Afghanistan mais nourrie de médias iraniens comprendra le farsi sans forcément l’imiter. L’analyste ne se contente donc pas de repérer un mot iranien : il juge la cohérence de l’ensemble, sa régularité et les contextes où chaque forme surgit.
Les étapes d’une LADO dari ou hazaragi chez SILA Linguists®
Parcours du demandeur
Vous décrivez la province déclarée, l’appartenance hazara éventuelle et chaque lieu de vie, en Iran, à Quetta ou ailleurs. Ces informations orientent le choix de l’analyste et les hypothèses à tester.
Analyste adapté
Nous désignons un analyste natif qui connaît le dari afghan, le hazaragi et les parlers marqués par l’exil. Il vous dit si l’enregistrement disponible suffit ou comment conduire un nouvel entretien.
Analyse comparative
Voyelles, vocabulaire administratif, termes de parenté, emprunts turcs, mongols, farsis ou ourdous : chaque indice est relevé dans la transcription, puis comparé aux origines afghane, iranienne et pakistanaise.
Rapport et suites
Le rapport d’expert présente les méthodes, les conclusions et leurs limites. L’analyste reste disponible pour vos questions, une contre-expertise ou une déposition de témoin expert devant la juridiction.
Hazaragi, Hazarajat, Quetta : situer un locuteur hazara
Le hazaragi est la variété du farsi parlée par les Hazaras. Son berceau est le Hazarajat, région montagneuse du centre de l’Afghanistan qui couvre Bamyan, Daykundi et une partie de Ghazni, d’Uruzgan et de Wardak. Il se distingue du dari standard par la prononciation, le vocabulaire courant et certains traits grammaticaux, et il contient des mots d’origine turque et mongole. Qu’on y voie un dialecte du dari ou une langue à part, l’analyse respecte le nom que la personne donne à sa langue.
D’importantes communautés hazaras vivent à Quetta, au Pakistan, et dans des villes iraniennes comme Mashhad et Téhéran. Ceux qui y ont grandi enrichissent souvent leur hazaragi de vocabulaire farsi ou ourdou. L’analyste examine la place de ces emprunts, la façon dont le locuteur passe d’un registre à l’autre et ses éventuelles langues secondes, puis les confronte aux accents de Kaboul, d’Hérat, du nord et des hautes terres centrales. Le hazaragi étant surtout oral, l’écrit n’entre en jeu que pour les documents, généralement rédigés en dari standard.
Méthode : transcription, écoute experte et hypothèses concurrentes
SILA Linguists® part d’un enregistrement, souvent un entretien d’asile, que l’analyste transcrit en relevant les traits dialectaux pertinents. Le travail associe phonétique forensique, dialectologie et sociolinguistique : qualité des voyelles et des consonnes, intonation, accentuation, morphologie, lexique et expressions idiomatiques. Des logiciels de mesure acoustique complètent l’écoute lorsqu’ils apportent un éclairage utile. Nos analystes sont des spécialistes de langue maternelle formés à la linguistique.
L’origine déclarée n’est jamais examinée isolément. Elle est comparée à toutes les origines plausibles, Afghanistan, Iran ou Pakistan, et replacée dans la trajectoire de la personne : années d’exil, scolarité, travail, contacts avec d’autres langues. Le rapport d’expert expose les méthodes, discute les explications alternatives et signale les limites de l’analyse. Nos analystes qualifiés travaillent en toute impartialité, et nous rédigeons des contre-expertises lorsqu’un rapport existant mérite d’être réexaminé.
Nationalité ou province : choisir la bonne échelle
Une évaluation de la nationalité répond à la question du pays : la personne possède-t-elle le dari standard, la terminologie administrative et les repères institutionnels attendus d’un Afghan ? La LADO descend plus finement, vers la province, la ville ou la communauté. Pour un Hazara qui affirme venir de Daykundi après des années en Iran, les deux approches se complètent : l’une vérifie l’ancrage afghan, l’autre recherche les marqueurs du Hazarajat sous les couches acquises en exil.
Interprète dari ou hazaragi, traduction certifiée et transcription
Un entretien mal interprété fragilise toute l’analyse qui en découle. SILA Linguists® fournit des interprètes dari et hazaragi en présentiel, par téléphone à toute heure et tous les jours de l’année, ou par vidéo, pour l’interprétation consécutive, communautaire et juridique, y compris devant les tribunaux. Précisez-nous si le demandeur est hazara et où il a vécu : l’appariement de l’interprète en dépend. Une interprète femme ou un interprète homme peut être demandé.
Nous organisons la traduction de la tazkira et des autres pièces afghanes, avec conversion des dates de l’hégire solaire : en France, une traduction assermentée par un traducteur expert près une cour d’appel lorsque la préfecture ou la juridiction l’exige, au Québec une traduction certifiée par un traducteur agréé membre de l’OTTIAQ. La transcription en dari, horodatée et traduite, permet de reprendre mot à mot un entretien contesté, qu’il ait eu lieu à l’OFPRA ou lors d’une audience.
Des rapports indépendants pour les représentants des demandeurs afghans
Les questions d’origine afghane se posent souvent dans la procédure d’asile française, devant l’OFPRA puis, en cas de recours, devant la CNDA, et au Canada devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, y compris pour des personnes installées au Québec. Lorsque l’origine déclarée est contestée, l’avocat ou l’association qui accompagne le demandeur peut nous demander une analyse indépendante, une contre-expertise ou un second avis, et produire ensuite le rapport à l’appui du dossier s’il le juge utile. Avec SILA Linguists®, vous travaillez avec une seule équipe projet, des linguistes spécialisés et contrôlés, des accords de confidentialité et des données traitées selon le RGPD et la législation québécoise et canadienne sur les renseignements personnels, en France, au Québec, dans tout le Canada francophone et ailleurs. Aucun de nos rapports LADO n’a jamais été contesté avec succès.
LADO et évaluation de la nationalité : deux échelles complémentaires
- L’évaluation de la nationalité travaille à l’échelle nationale : la vue d’ensemble.
- La LADO situe un locuteur dans une région, une ville ou une communauté : la vue de détail.
- Ensemble, elles donnent l’image la plus solide et la plus fiable.
Vos questions sur cette analyse linguistique
L’analyse peut-elle montrer qu’un Afghan a grandi en Iran ?
Elle peut mettre en évidence des voyelles, des mots et des tournures typiques du farsi d’Iran, et évaluer s’ils forment une couche acquise sur une base afghane ou s’ils constituent le parler premier de la personne. Le rapport discute les deux lectures et précise le degré de certitude ; l’autorité tranche au vu de l’ensemble du dossier.
Faut-il un analyste différent pour le hazaragi ?
Le hazaragi a sa propre prononciation et son propre vocabulaire, avec des mots d’origine turque et mongole. Nous confions ces dossiers à un analyste qui maîtrise cette variété autant que le dari standard, afin de ne pas confondre un trait hazara avec une influence étrangère.
Le demandeur a vécu à Quetta. L’ourdou va-t-il fausser l’analyse ?
Non, il fait partie des données. Des emprunts à l’ourdou chez un Hazara élevé à Quetta sont attendus, et leur présence ou leur absence s’accorde ou non avec le récit. L’analyste les situe dans le parcours décrit au lieu de les traiter comme une anomalie.
Combien de temps doit durer l’enregistrement ?
Il n’existe pas de durée standard. Ce qui importe, c’est une parole spontanée, abondante et variée, de préférence dans la langue première du demandeur. L’analyste examine ce dont vous disposez et vous indique si un complément est nécessaire.
L’analyse linguistique par langue
Les langues et dialectes que l’on nous confie le plus souvent, ainsi que nos pages destinées aux clients de certains pays.
Bidoun du Koweït
Bidoun du Koweït ou Irakien du Sud ? L’arabe du Golfe du demandeur examiné à l’échelle du pays et de la communauté.
LADO af-maay (maay)
Le maay, langue du sud somalien entre Juba et Shabelle, analysé pour lui-même et non à l’aune du somali standard.
LADO amharique
L’amharique analysé comme langue maternelle ou comme langue seconde, pour situer une personne en Éthiopie.
LADO arabe
Maghreb, Égypte, Levant, Irak, Golfe, Yémen, Soudan : rattacher un dialecte arabe parlé à son pays et à sa région.
LADO arabe du Golfe
Le khaliji analysé finement : Koweït, Bahreïn, Qatar, Émirats ou province orientale, face au sud de l’Irak et au najdi.
LADO arabe levantin
Damas, Alep, Hauran ou camp palestinien ? L’arabe levantin du demandeur comparé aux origines plausibles.
LADO arabe maghrébin
La darija passée au crible : parlers marocains, algériens, tunisiens et libyens, avec l’empreinte du français et de l’amazigh.
LADO arabe palestinien
L’arabe palestinien citadin, rural ou bédouin, distingué du jordanien et des parlers du Levant nord.
LADO arabe yéménite
L’arabe yéménite situé avec précision, des hautes terres de Sanaa au Hadramaout et à la Tihama.
LADO bengali
LADO en bengali (bangla) : usage bangladais ou indien, et parlers régionaux de Sylhet à Chattogram.
LADO birman
Birman langue première ou langue seconde, standard de l’Irrawaddy ou parler rakhine : ce que révèle la parole.
LADO en albanais
Expertise LADO en albanais : traits guègues et tosques pour distinguer l’Albanie, le Kosovo, la Macédoine du Nord ou le Monténégro.
LADO en dari
LADO consacrée au dari afghan : accents de Kaboul, d’Hérat et du Nord, contraste avec le farsi d’Iran, vocabulaire administratif.
LADO en edo (bini)
LADO en edo (bini) pour les personnes de Benin City et de l’État d’Edo, avec le pidgin nigérian et l’anglais en appui.
LADO en géorgien
LADO en géorgien : dialectes régionaux, locuteurs mingréliens ou svanes, communautés géorgiennes de Turquie ou d’Iran.
LADO en pachto (Afghanistan)
Pachto (Afghanistan) : situer un locuteur afghan, du pachto doux du sud au pakhto dur du nord, face à l’hypothèse pakistanaise.
LADO en pidgin ghanéen
LADO pour les locuteurs du pidgin ghanéen, confronté au pidgin nigérian, avec le twi et l’anglais du Ghana en appui.
LADO en pidgin nigérian
LADO en naija pour distinguer le pidgin nigérian du pidgin camerounais et du krio, et Lagos du delta du Niger.
LADO en pulaar (fulfulde)
LADO en peul pour distinguer pulaar, pular et fulfulde, du Sénégal et de la Guinée au Nigeria et au Cameroun.
LADO en russe
LADO en russe qui dépasse la langue standard : lexique local, accent et traces de la langue maternelle du locuteur.
LADO en wolof
LADO en wolof : parler sénégalais ou gambien, emprunts français ou anglais, wolof urbain de Dakar.
LADO hassanya
Mauritanie, Sahara occidental, Tindouf, nord du Mali : situer un locuteur hassanya et le distinguer des parlers maghrébins.
LADO kibajuni (bajuni)
Kibajuni des îles somaliennes ou swahili kényan et tanzanien : une analyse experte pour les dossiers bajuni contestés.
LADO kpellé
Kpellé du Liberia ou guerzé de Guinée : vocabulaire, prononciation et langues secondes orientent l’analyse.
LADO kurde
Kurmandji, sorani ou kurde du Sud : identifier la variété, puis situer la parole entre Turquie, Irak, Iran et Syrie.
LADO kurde badini
Duhok, Zakho, Amadiya, Sinjar : situer un locuteur badini et le distinguer du kurmandji de Turquie ou de Syrie.
LADO kurde kurmandji
Turquie, nord de la Syrie, Iran, Caucase : une LADO en kurmandji pour situer la parole d’un demandeur d’asile.
LADO kurde sorani
Erbil, Souleimaniye, Sanandaj ou Mahabad : une LADO en sorani pour départager Irak et Iran et situer la région d’origine.
LADO lingala
Kinshasa ou Brazzaville, lingala urbain ou appris en langue seconde : une analyse attentive au français et aux langues voisines.
LADO mandinka
Gambie, Casamance, Guinée-Bissau : situer un locuteur mandinka parmi les langues mandingues et les langues voisines.
LADO oromo
L’oromo analysé variété par variété, du centre-ouest au Harar et au pays borana, entre Éthiopie et Kenya.
LADO ouïghour
Xinjiang ou Asie centrale, Kachgar ou Hotan : situer un locuteur ouïghour d’après ses dialectes et ses emprunts.
LADO ourdou
Une analyse LADO de l’ourdou qui remonte à la langue maternelle, à la région et à la scolarité de la personne.
LADO ouzbek
LADO en ouzbek : ouzbek du nord de l’Ouzbékistan ou ouzbek afghan du sud, avec l’influence du russe, du tadjik et du dari.
LADO pachto (Pakistan)
Pakhto du Khyber Pakhtunkhwa, du nord du Baloutchistan ou de Karachi : une analyse qui tient compte de l’ourdou et de l’école pakistanaise.
LADO pendjabi
LADO en pendjabi : Pendjab indien ou pakistanais, majhi, doabi et malwai face au pothwari et au mirpuri.
LADO rohingya
LADO en rohingya : nord de l’État d’Arakan ou région de Chattogram, en tenant compte des camps et des parcours migratoires.
LADO somali
Somali du nord, benadir ou maay : identifier la variété, puis situer la parole entre Somalie, Djibouti, Éthiopie et Kenya.
LADO Soudan et Darfour
Khartoum, Darfour ou Tchad oriental : l’arabe parlé et les langues darfouriennes au service d’un avis d’expert motivé.
LADO sylheti
LADO en sylheti pour les locuteurs de la division de Sylhet et de la vallée de Barak, analysés indépendamment du bengali standard.
LADO tamoul
LADO en tamoul : tamoul de Jaffna, de l’Est et des hautes terres sri-lankaises face aux parlers du Tamil Nadu.
LADO tigrigna
Une analyse du tigrigna qui cherche si la parole s’est formée en Érythrée ou dans le Tigré éthiopien.
LADO turkmène
LADO en turkmène : standard fondé sur le teke, parlers yomut et ersari, et turkmène d’Iran et d’Afghanistan influencé par le farsi.
Nationalité tibétaine et LADO
Grandi au Tibet ou dans l’exil népalais ou indien ? Évaluation de la nationalité étayée par une analyse LADO.
Tigrigna et amharique
Érythrée ou Éthiopie ? Tigrigna, amharique et repères nationaux examinés dans un même rapport d’expert.
Par pays
Nationalité France et Québec
Évaluation de la nationalité en France et au Québec : avis d’experts, documents traduits et interprètes pour les dossiers de séjour et d’asile.
LADO France et Québec
LADO et évaluation de la nationalité en France et au Québec : rapports d’experts indépendants pour les dossiers d’asile et de recours.
Parlons de votre dossier d’analyse linguistique
Indiquez-nous la langue ou le dialecte, le type de rapport souhaité (origine, âge ou seconde expertise) et votre échéance.
