Qu’il s’agisse d’un service hospitalier à Lyon, d’une mairie en Bretagne, d’un cabinet d’avocats à Montréal ou d’un organisme communautaire à Québec, la première question pratique n’est souvent pas « qui ? » mais « comment ? ». L’interprète doit-il intervenir par téléphone, apparaître à l’écran ou venir sur place ? Chaque mode a ses atouts. L’erreur consiste à choisir par habitude ou par simple commodité.
Partir de l’échange, pas de la technologie
Avant de choisir, posez-vous quatre questions :
- Quel est l’enjeu ? Un malentendu aurait-il des conséquences sur la santé, la liberté, la sécurité ou les droits d’une personne ?
- Quelle est la complexité ? Termes techniques, documents à lire, plusieurs intervenants ?
- Qui participe ? Enfants, personnes en détresse, personnes malentendantes ou ayant des troubles cognitifs ?
- Quelle durée et quelle urgence ? Un appel de deux minutes pour déplacer un rendez-vous n’a rien à voir avec une évaluation de deux heures.
Lorsque les réponses vont dans des sens différents, c’est le risque qui doit primer.
L’interprétation par téléphone
L’interprète rejoint l’appel comme tiers ; les interlocuteurs peuvent être à des endroits différents ou réunis autour d’un haut-parleur. Ce mode convient aux échanges courts, structurés ou urgents : prise de rendez-vous, premier contact, situations hors des heures ouvrables. Il est disponible très rapidement et dans un très grand nombre de langues. Pour les rendez-vous courants, c’est souvent le canal le plus pratique, à condition que l’interprète soit qualifié et prévenu de l’objet de l’appel.
Ses limites : l’interprète ne voit ni les expressions, ni les gestes, ni les documents. Les échanges longs, chargés d’émotion ou à plusieurs voix deviennent difficiles, et il ne permet pas l’interprétation en langue des signes.
L’interprétation par vidéo
Grâce à une liaison vidéo sécurisée, interprète et participants se voient. C’est une bonne solution lorsque les informations visuelles comptent mais que la présence sur place est difficile : participants éloignés, demande urgente, langue rare dont l’interprète le plus proche vit loin, ou langue des signes.
Attention toutefois à la technique. Une liaison vidéo de mauvaise qualité multiplie les risques de malentendu et fatigue plus vite l’interprète, surtout lors des longues séances et des audiences où chaque mot compte. Concrètement : testez la connexion, utilisez de bons micros et caméras, vérifiez que l’interprète voit et entend chaque intervenant, et prévoyez des pauses.
L’interprétation sur place
L’interprète est physiquement présent, le plus souvent en consécutive, ou en chuchotage pour une ou deux personnes, par exemple lors d’une audience. C’est le mode le plus sûr pour les échanges complexes, sensibles ou à risque, pour les personnes vulnérables et pour les réunions à plusieurs. Dans le domaine de la santé, un interprète professionnel, formé et tenu à la confidentialité, reste la meilleure garantie pour tout patient qui ne parle pas ou parle mal la langue du soignant.
Exemples (situations fictives)
- Confirmer un rendez-vous avec un patient tigrinyaphone, à l’hôpital ou en PMI : court et courant, le téléphone suffit.
- Préparer un rendez-vous en préfecture pour un renouvellement de titre de séjour : un appel téléphonique avec l’interprète permet de vérifier les pièces à apporter.
- Annoncer un diagnostic grave : sur place, ou en vidéo à défaut, avec du temps pour les questions.
- Recueillir les premières instructions d’un client en rétention, ou préparer une audience devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) au Canada : la vidéo au minimum, sur place si possible.
- Réunion d’école avec un parent sourd : un interprète en langue des signes sur place ou en vidéo, jamais au téléphone.
Les erreurs à éviter
- Faire interpréter un proche ou un enfant. Un professionnel est neutre, tenu au secret et formé à la terminologie.
- Oublier le dialecte. Précisez la langue et, si possible, la variante régionale : un locuteur d’arabe soudanais et un locuteur d’arabe marocain peuvent avoir du mal à se comprendre dans le détail.
- Ne pas briefer l’interprète. Quelques minutes sur l’objet de l’échange et les termes spécialisés améliorent nettement la précision.
Interprétation par téléphone, par vidéo et sur place avec SILA Linguists®
SILA Linguists® propose les trois modes comparés dans cet article, dans plus de 350 langues et dialectes. L’interprétation par téléphone est disponible 24 heures sur 24, 365 jours par an, depuis n’importe quel téléphone ou l’application SILA Linguists®. L’interprétation vidéo passe par des plateformes sécurisées et chiffrées ou par notre application. Nos interprètes sur place se déplacent pour vos rendez-vous juridiques, médicaux, professionnels et sociaux, et nous pouvons, sur demande, affecter un interprète du sexe souhaité. Nous assurons aussi l’interprétariat en milieu social pour les services publics, la santé et l’action sociale, l’interprétation de conférence ainsi que l’interprétation simultanée et l’interprétation simultanée à distance (RSI) pour vos événements et réunions hybrides.
Un échange laisse souvent des traces écrites. Nos services de traduction couvrent courriers, rapports et contrats, et, lorsque l’autorité l’exige, nous organisons une traduction assermentée par un traducteur expert près une cour d’appel en France, ou une traduction certifiée par un traducteur agréé de l’OTTIAQ au Québec. Notre équipe de transcription transforme vos entretiens et réunions enregistrés en textes horodatés, traduits si nécessaire.
Nos interprètes sélectionnés, formés et qualifiés interviennent en France, au Québec, dans tout le Canada francophone et ailleurs, notamment dans les contextes de la santé, du droit et du service public. En cas d’hésitation, décrivez-nous l’échange prévu : nous vous recommanderons le mode adapté. Voir aussi notre page interprétation. Écrivez à bookings@silalinguists.co.uk ou appelez le +44 (0)333 339 8218.


